Discours du Mufti Ahmad Kaftaro au Vatican.

La religion divine est essentiellement un guide pour tous ceux qui sont perdus, une source de bonté pour tous et une voie vers la droiture pour tous ceux qui cherchent à vivre dans la dignité et le bonheur (Shaykh Ahmad Kaftaro- Qu’Allah le préserve dans Sa Miséricorde)


Le Shaykh Ahmad Kaftaro – Qu’Allah le préserve dans Sa Miséricorde – a été le Grand Mufti de Syrie jusqu’en 2004, date de son décès, ainsi que le Grand Shaykh de la Tariqah Naqshabendiya. En 1985, il a été convié au Vatican et y a tenu le discours suivant. Ce dernier est certes un peu long à lire, mais le lecteur y trouvera, si Dieu veut, un certain nombre d’éléments et d’enseignements lumineux qui lui permettront d’aborder avec un autre regard les problèmes de notre époque et d’œuvrer positivement pour tenter de les résoudre.


PERSPECTIVES INTERNATIONALES DE L’ISLAM ET DU CHRISTIANISME

Rome, Italie, Décembre 1985.

Au nom de Dieu
le Compatissant, le Miséricordieux

Mes honorables auditeurs, je remercie Dieu Tout Puissant, parla grâce Duquel cette rencontre mondiale a lieu, pour que celle-ci soit mémorable et nous inspire tous. Je suis aussi très reconnaissant envers ceux qui nous ont convoqués ici et attache grand prix à leur respect et à leur estime.

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Le Shaykh Ahmad Kaftaro en compagnie du Pape Jean-Paul II.

Les religions révélées, en particulier l’Islam et le Christianisme, sont la clef du Plan que Dieu a ordonné pour le bien de l’homme afin que cette noble créature ne s’écarte pas du bon chemin. Ces religions sont essentielles pour conduire l’homme à la prospérité et à la droiture.

Dans ce but, Dieu a choisi Ses Prophètes et Ses apôtres parmi les hommes pour guider l’humanité. Leur mission a été d’instruire les âmes au travers d’avertissements et de prêches. Ils ont également mis en place des limites à ne pas transgresser afin de préserver les droits, la famille et l’honneur. Il est donc fondamental pour atteindre ces objectifs d’avoir une foi parfaite en Dieu, que l’Islam et la Chrétienté nous appellent à adorer.

Si Dieu est le Seigneur de l’humanité, la simple raison et la logique imposent que la foi en Dieu soit une seule religion dont les fondations n’ont pas changé au cours des générations. Le Saint Coran y fait allusion dans la Sourate 42 : «Il a ordonné aux hommes la foi qu’Il vous a révélée et qu’Il a déjà imposée à Noé et Abraham, à Moïse et Jésus, en disant:‘Observez cette foi et ne vous divisez pas en elle’.» Traduction du Saint Coran, Sourate 42, (La Consultation), Verset 13.

Mohammed a insisté sur ce point, dans la tradition suivante : «Les prophètes sont les frères d’une même ascendance, notre foi est une, même si nos lois divergent.»

Il confirme en cela son appartenance à une fraternité de prophètes dont le seul souci est le bien de l’humanité. Cette fraternité inclut des hommes qui ont guidé des religions, lesquelles, bien que différentes dans leurs doctrines, n’ont pas invalidé les structures de celle qui les a précédées, mais, au contraire lui ont donné des ajouts et l’ont complétée, la rendant ainsi parallèle et l’adaptant à l’évolution des conditions de vie de l’homme.

Abraham a établi les bases originelles de cette construction en combattant l’idolâtrie et fondant ainsi l’ordre du monothéisme. Cet ordre a été préservé et proclamé par ses successeurs, Moïse, Jésus et Mohammed, le dernier reconnu comme le Sceau des Prophètes. Mohammed l’a comparé par une analogie avec une demeure dans la tradition suivante : «Moi et les prophètes avant moi sommes comparables à une demeure construite et embellie par quelqu’un qui en aurait laissé un espace vide sans y mettre la pierre manquante. Des gens qui y entreraient et l’admireraient lui diraient : «Mettez-y cette pierre. Je suis cette pierre et je suis le dernier et ultime prophète.»

Cette tradition de la prophétie souligne le processus par lequel Dieu a progressivement complété Sa religion. En effet, la mission de Mohammed a ses racines dans les origines des religions qui l’ont précédée.

Dieu dit dans le Coran : «Dites : ”Nous croyons en Dieu et en ce qui nous a été révélé; nous croyons à ce qui a été révélé à Abraham, Ismael, Isaac, Jacob et aux Tribus, à Moïse, Jésus et les autres prophètes. Nous ne faisons pas de distinction entre eux.”» T.C., Sourate 2, (La Vache), Verset 136.

Chaque religion voulue par Dieu se fonde sur la foi ou la croyance que Dieu est absolu et qu’elle a trait aux choses de ce monde et de celui à venir. Les prédications des prophètes, inspirées par Dieu, ne se limitent pas aux populations qui vivaient autour d’eux. Elles s’étendent à des horizons plus vastes. Jésus et Mohammed, par exemple, ont été envoyés pour éclairer les âmes de toute l’humanité, et pas uniquement les populations de Jérusalem et de la Mecque.

Jésus a dit: «Je suis venu comme sauveur du monde.», et Dieu affirme dans le Coran, en soulignant la mission prophétique de Mohammed : «Et Nous ne vous avons envoyé que pour le salut de toute l’humanité.» T.C., Sourate 21, (Les Envoyés), Verset 107.

Nous pouvons constater les résultats et la réalité de leurs deux missions universelles, puisque l’Islam et le Christianisme sont les plus importantes des grandes religions du monde d’aujourd’hui.

Aujourd’hui aussi, avec le progrès de la technologie et l’accroissement du luxe, de l’aisance et des loisirs auxquels ce progrès donne lieu, nous constatons un déclin des valeurs religieuses. Celui-ci s’accompagne d’une augmentation des états d’anxiété en même temps que la civilisation matérialiste grandissante favorise par ses réalisations matérielles la cupidité et une perte de conscience de Dieu. Par cette situation, l’homme se trouve constamment en état de confusion morale, égaré et découragé par les promesses fallacieuses de son monde technologique.

L’engourdissement de la conscience qui en résulte et qui s’est développé aujourd’hui a conduit l’homme à ignorer la religion et les valeurs spirituelles qu’elle renferme et à refuser d’ouvrir son cœur à l’espoir. C’est pourquoi, l’espoir est une notion devenue pratiquement inusitée dans la génération actuelle, habituée à voir ses rêves voler en éclats : celui qui a été mordu se méfie ! De plus ces rêves perdus ont débouché sur un «vide» que ni les clubs de divertissements ni les halls de danse ni les plaisirs de la chair ne parviennent à combler. Ces fuites devant les réalités du monde ne représentent rien d’autre qu’une tentative désespérée d’échapper aux frustrations répétées et au laisser-aller destructeurs. Elles sont l’expression d’une absence de projets et d’objectifs. La recherche de plaisirs faciles et l’idolâtrie matérielle abaissent l’homme au rang de la bête. Elles le rendent vulnérable et irresponsable envers lui-même et tout ce qui l’entoure.

La matière doit être au service de l’homme et non son maître. Ses plaisirs doivent rester sous son contrôle et lui ne doit pas être sous leur contrôle. Qui est responsable de cela ? Les principes ou les fondements de la religion, ou l’incapacité du clergé à conduire les êtres humains à la foi et à la conviction ?

La religion divine est essentiellement un guide pour tous ceux qui sont perdus, une source de bonté pour tous et une voie vers la droiture pour tous ceux qui cherchent à vivre dans la dignité et le bonheur. Bref, elle est l’idéal parfait à poursuivre. Mais des interprétations personnelles et des réflexions superficielles sur des textes à partir de traductions littérales ont obscurci la vraie religion qui seule doit conduire l’homme sur la voie de l’amour et de la paix.

La religion n’a jamais manqué de répondre aux besoins spirituels et matériels de l’homme. La doctrine divine enseignée par le christianisme et par l’Islam procure à l’humanité le moyen de s’opposer aux plaisirs et désirs excessifs. Aussi, la conviction religieuse affranchit-elle l’homme de la recherche d’une productivité maximale quels que soient les domaines dans lesquels il s’engage.

Notre mission à nous, clergé, en croyant en Dieu et Ses apôtres, est d’attester ce fait par la pratique, de porter le flambeau pour guider ceux qui sont dans l’erreur et d’aider l’humanité à sortir du marasme et de la pourriture dans lesquels il se trouve. Nous ne devons pas faire preuve d’incapacité, mais revoir notre manière de communiquer avec les gens et reconnaître nos défauts pour pouvoir les corriger.

En général, ceux qui abandonnent la religion ne le font pas par animosité envers Dieu, le Créateur, mais probablement à cause du fanatisme et du puritanisme du clergé en opposition avec leur mode de penser : ils sont heurtés dans leur raisonnement et leur approche scientifique. Aussi, ce qui est aujourd’hui requis des membres du clergé est la valeur, la sagesse et la sincérité, en particulier envers ceux qui, manquant de morale et de foi, ont rejeté la religion comme une cuisine mal préparée. Nous devons préparer une nourriture pour l’âme et l’esprit qui soit délectable pour tous. Notre travail doit consister à élever l’humanité de l’homme et notre rôle doit être semblable au médecin qui dispensent ses soins avec tendresse et sympathie. Nous ne pouvons pas condamner nos prochains parce qu’ils sont des athées, car ce jugement appartient à Dieu seul, de même que les actions de l’homme sont déterminées par sa sincérité que seul Dieu voit. Le repentir efface les péchés comme la grâce de Dieu pardonne tous les péchés du monde.

Jésus Christ a dit : «La joie du Ciel pour le repentir d’un pécheur dépasse celle de sauver quatre-vingt dix-neuf fidèles qui n’ont pas besoin de ce repentir.» Mouhamed a dit: «Dieu accorde son pardon la nuit afin que ceux qui se sont trompés le jour puissent se repentir, comme Il l’accorde aussi le jour afin que ceux qui se sont trompés la nuit puissent trouver le repentir.» Jésus a encore dit : «Je ne suis pas venu pour détruire mais pour sauver.», et il a dit aussi : «Je veux la grâce et pas le sacrifice.»

En tant qu’hommes de religion, nous devons tenir compte des changements de la nature humaine contemporaine. Dans le passé, les gens acceptaient les leçons que le clergé leur enseignait sans argument. Aujourd’hui, nous nous trouvons devant des hommes qui se sont affranchi de cette servitude mentale. Ils critiquent librement, et en particulier les religions, y compris leurs doctrines, leurs dogmes et leurs disciples. Les hommes d’aujourd’hui n’acceptent pas ce qui ne satisfait pas leur intellect et leur esprit scientifique. C’est pourquoi, comme hommes de religion, nous devons nous écarter des pratiques non fondées sur la raison et défectueuses qui ont altéré l’essence et la splendeur de la vraie religion aux yeux de nos contemporains.

Pour atteindre ce but, comment devons-nous présenté la religion au cours de ce siècle ? Mohammed et le Christ ont tous les deux prêché en faisant appel au bon sens, à l’argumentation et la morale. Par une conviction profonde dans ses croyances, visible dans ses actes et sa relation avec Dieu, le Christ a annoncé Mohammed, qui devait lui succéder.

Dans le Coran, Dieu en parle: «Et (dites) de Jésus, qui parlait aux Israélites :’Je suis envoyé auprès de vous par Allah pour confirmer la Torah déjà révélée et pour vous parler d’un apôtre qui viendra après moi et dont le nom est Ahmad.» (Ahmad est l’autre nom de Mouhamed, signifiant «Le Loué»). T.C., Sourate 61, (Ordre de Bataille), Verset 6.

Le clergé n’a à peine qu’une des caractéristiques mentionnées ci-dessus. Dans le passé, les choses étaient faciles et la foi se propageait malgré le bas niveau d’éducation des populations, parce qu’à l’époque, les hommes étaient simples de cœur et se laissaient convertir facilement. Dans ces temps, les idoles étaient en bois ou en pierre, de sorte qu’elles se laissaient aisément appréhender. Mais les choses sont plus complexes maintenant ; les idoles sont des désirs charnels, des idéologies et des doctrines qui disposent de médias modernes menant en leur nom d’intenses campagnes de propagande auxquelles peu savent résister. C’est pourquoi, le fossé entre la religion et l’homme moderne s’est approfondi ; la foi et l’amour ont régressé et dégénèrent, alors que l’égoïsme et la luxure sont devenus prédominants et ne cessent d’augmenter.

Des organisations mondiales telles que les Nations-Unies, la Cour Internationale de Justice et des traités bilatéraux cherchent à établir la paix dans le monde mais n’y parviennent pas. Beaucoup de régions du monde sont actuellement ravagées par des guerres civiles ou entre pays voisins. Alors que d’innombrables âmes périssent, que du sang est versé et que des villes sont dévastées, tout ce que les Nations Unies parviennent à faire ne sont que de timides jugements et condamnations. Même le Conseil de Sécurité, avec ses longs débats sur la restauration de la justice dans le monde et la défense des droits de l’homme, est réduit à l’inaction par le «Veto» de l’une ou l’autre des cinq Grandes Puissances. Il en résulte invariablement des frustrations pour les hautes entreprises morales et l’anéantissement des tentatives d’éliminer l’injustice frappant les nations opprimées.

Si l’homme parvient une nouvelle fois à comprendre les bienfaits que la religion lui offre, il convient alors de rallumer une nouvelle lampe alimentée par un esprit de collaboration et de tolérance religieuse. C’est une lumière qui doit être portée par des âmes bienveillantes douées d’un grand esprit et d’une très profonde foi en Dieu, d’une conscience responsable de la réalité et d’un sens élevé du devoir. En bref, la religion a besoin de guides intelligents et sages.

C’est pourquoi, comme hommes de religion, il est grand temps que nous servions nos religions respectives et fassions l’effort de coopérer les uns avec les autres pour construire un monde fraternel fondé sur une foi rationnelle. Nous devons mettre l’étincelle à une révolution spirituelle avec audace, sincérité, sagesse en nous appuyant sur la science moderne, exactement comme nos pères spirituels Abraham, Moïse, Jésus et Mouhammad l’ont fait dans le passé.

Mohammed a dit : «A la fin de chaque siècle, Dieu envoie des gens qui ravivent les affaires religieuses de la foi en abolissant l’ignorance, l’exagération et les erreurs d’interprétation.» Je crois que les rénovateurs de la religion, spécialement dans les temps actuels, sont ceux qui sont capables de faire de cette coopération une réalité.Comment cette coopération surviendra-t-elle ? Quelle en est la base pour produire un meilleur avenir ? En premier lieu, aucune tentative de coopération n’est possible sans la compréhension et la reconnaissance des fondements essentiels et des buts communs de nos religions. Ensuite, cette tentative ne peut pas se limiter à une élite car elle doit constituer un héritage public pour toutes les classes de Musulmans et de Chrétiens.

Nous trouvons dans le Coran de longues Sourates consacrées au Christ et à sa mère, la Vierge Marie et décrivant avec beaucoup de détails ses enseignements et ses miracles. Dieu honore le Christ dans la grande Sourate du Saint Coran intitulée «La Table», qui traite de la Sainte Cène. Une autre longue Sourate s’appelle «Marie», sanctifiant et anoblissant la Vierge Mère, et une autre «La Famille d’Imran», en l’honneur et à la gloire de la famille du Christ et de sa mère.

Les Sourates du Saint Coran relatent la conception miraculeuse du Christ par Marie et sa naissance. Gabriel s’adresse à Marie concernant sa conception du Christ dans les termes suivants: «O Marie, Dieu vous a choisie. Il vous a faite pure et vous a élue par-dessus toutes les femmes… O Marie, Allah vous a annoncé Son Verbe. Il se nommera le Messie, Jésus le fils de Marie. Il sera honoré dans ce monde et le suivant et aura la faveur d’Allah. Il prêchera aux hommes dans son berceau et dans la force de l’âge et mènera une vie juste.» T.C., Sourate 3, (La Famille Imran), Versets 42-45.

Ces concepts constituent la foi que les Musulmans ont apprise dans leur Saint Livre, le Coran, depuis sa révélation il y a plus de quatorze siècles. C’est pourquoi, il est enseigné à chaque Musulman d’avoir un pur respect à la fois du Christ, de la doctrine qu’il a prêchée, et de la Chrétienté.

Dans le Coran, la Sourate «La Table» indique : «Vous constaterez que les plus implacables des hommes dans leur inimitié envers les fidèles sont les Juifs et les idolâtres, et que ceux qui sont le plus portés à les aimer sont ceux qui disent: ’Nous sommes Chrétiens’. Et cela, parce qu’il y a parmi eux des prêtres et des moines ; et parce qu’ils sont dépourvus d’arrogance.» T.C., Sourate 5, (La Table), Verset 82.

C’est de là que l’Islam depuis ses tous débuts a tendu la main de la coopération et de la fraternité à ceux qui se proclament disciples du Christ.

Ce ne sont que quelques exemples parmi les nombreuses citations du Coran concernant la sainteté du Christ et de ses commandements. Aussi, pourquoi les Chrétiens ne professeraient-ils pas la même estime envers le prophète de l’Islam, et même n’inviteraient-ils pas, comme les Musulmans le font, à une coopération et une compréhension mutuelles ?

En vérité, le Vatican a eu l’obligeance de faire le premier pas et de tendre à l’Islam la main d’une fraternité fidèle. Comme il serait agréable et précieux, aux yeux de Dieu et du Christ, que d’autres pas comme celui-ci soient franchis afin que s’établissent la paix dans le monde, l’amour et l’affection fraternelle que le Christ et Mohammed ont eus pour mission d’apporter à l’humanité!

Depuis l’époque des Croisades, quand les Chrétiens ont conquis l’Europe et ont colonisé un moment le Monde Arabe sous la pression de l’Eglise de Rome, les Chrétiens et les Musulmans se sont regardés de part et d’autre avec animosité pendant plusieurs siècles. Une nouvelle fois dans les pays arabes, des siècles plus tard, le colonialisme et l’impérialisme européens modernes n’ont fait qu’aggraver le problème. L’éloignement de ces deux groupes de peuples qui en est résulté a créé entre eux une division qui n’eût jamais dû exister.

Aujourd’hui, à un moment où l’humanité est sur le point de périr corps et âmes, nous devons nous regarder les uns les autres à la lumière des prédications du Christ et de la Bible et à la lumière des enseignements de Mohammed et du Coran, car les Chrétiens et les Musulmans sont frères et parents.

Il faut que l’homme soit amené à croire et à comprendre que sa vie sur terre est transitoire et que le concept de la résurrection et du jugement final sont une réalité. Il doit arriver à comprendre que la moralité et les devoirs religieux sont dans l’intérêt à la fois de son existence temporelle dans ce monde aussi bien que de celle dans l’Au-delà. Il doit aussi réaliser que la cupidité, l’avarice et le vrai matérialisme sont des vices qui conduiront au malheur et à la pauvreté dans cette vie terrestre et dans l’ultérieure.

Le Coran contient le Verset suivant : «….Et chaque homme sera jugé pour ses propres actions, et ses actions seront examinées, et il en sera justement récompensé.» T.C., Sourate 53, (L’Etoile), Verset 39.

Le Coran commande aux Musulmans de reconnaître la Chrétienté ; les Chrétiens reconnaissent-ils l’Islam? Nous vous connaissons, nous connaissez-vous ? Nous vous avons tendu une main amicale en réponse à l’ordre de notre Prophète, aussi serrez-nous la main. Nous avons étudié votre religion, ainsi étudiez la nôtre. Nous vous avons embrassés, de même embrassez-nous. Nous avons sanctifié le Christ, Sa Sainte Bible et la Vierge Mère, ainsi rendez un salut en retour à vos frères Musulmans, faites-le bien, ou même encore avec plus de cœur.

Nos relations sont semblables à celles de deux frères, séparés par la sauvagerie et par un vaste désert, qui arrivent à se rencontrer par hasard. D’abord, s’apercevant à distance et dans l’ignorance de leurs liens, ils se tiennent sur leur garde et s’approchent avec circonspection. Finalement, par le courage d’un des deux hommes ou des deux en même temps, ils s’approchent et se reconnaissent et comprennent qu’ils sont par essence un.

Je ne saurais pas assez souligner qu’il est nécessaire de s’entraider mutuellement, et je nourris l’espoir que la bienveillance et la foi seront victorieuses. Cette époque qui est la nôtre est propice pour que la croyance en Dieu prévale dans les manières, les actes, la morale et les codes. Le critère d’acceptation ou de non acceptation réside dans la raison et la science. La religion est purement raison et science, autrement dit connaissance systématique, avec la grâce et la générosité de Dieu à sa source, pour que l’homme vive le paradis sur terre avant de le vivre dans le Ciel.

Puisse Dieu nous aider à être bienfaisants et à marcher sur le droit chemin. Puisse-t-Il nous soutenir dans nos efforts à poursuivre le meilleur de ce que nous pouvons comprendre. Gloire à Dieu, le Seigneur de la création.

Shaykh Ahmad Kaftaro – Qu’Allah le préserve dans Sa Miséricorde.

Source : http://www.kuftaro.net/french/
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