Un jour, après que le prophète Moïse (paix sur lui) eut dispensé une leçon magistrale et subjugué son auditoire, une personne présente dans l’assemblée vint le questionner au sujet de sa science.
« Y a-t-il plus savant que toi sur terre, ô Moïse ? », lui demanda-t-elle.
Conscient de son statut de prophète, Moïse (paix sur lui) répondit logiquement, sans orgueil, par la négative. ALLAH ﷻ intervint et dit alors à Son prophète : « Si, Moïse, il existe bien quelqu’un de plus savant que toi (Al-Khadir) ; pars donc à sa recherche. »
Sur ces paroles, le prophète s’exécuta et se mit en route.
Chercher le porteur de l’enseignement
L’attitude de Moïse doit nous interpeller. Nous savons en effet que le prophète avait le privilège de converser avec ALLAH ﷻ sans intermédiaire.
Sachant pertinemment qu’ALLAH ﷻ a lui-même enseigné à Al-Khadir, Moïse (paix sur lui) aurait pu simplement demander à son Seigneur de recevoir directement cette même science. Ce n’est pourtant pas ce qu’il a fait.
Comprenant qu’il ne pourrait acquérir le savoir d’Al-Khadir qu’en se rendant auprès de lui, le prophète Moïse (paix sur lui) s’empressa d’appliquer l’ordre divin et se mit en quête de sa compagnie.
Ce que Moïse (paix sur lui) nous apprend donc, c’est que la recherche de la science passe nécessairement par celle de l’enseignant.
Se délester de l’illusion de son savoir
Les plus grands savants de la communauté, ceux ayant emprunté le même chemin que Sayyidina Moïse (paix sur lui), ont tous adopté la même démarche : se sentant le cœur vide malgré tout leur savoir, ils abandonnèrent tout pour se mettre en quête d’un maître capable de leur faire connaître véritablement ALLAH ﷻ, par-delà les illusions des sciences qu’ils avaient précédemment acquises.
L’histoire de Sidi Abou Madyane al-Ghawth (qu'Allah soit satisfait de lui) l’illustre. Éminent lettré et savant andalou, Sidi Abou Madyane quitta sa terre pour rejoindre un lieu reculé du Maroc, où il rencontra Sidi Abou Ya’za an-Noûr (qu'Allah soit satisfait de lui), qui devint son maître.
C’est entre les mains de cet homme analphabète qui connaissait à peine quelques versets du Coran, pauvre et originaire d’une tribu berbère qui ne parlait pas arabe, que le grand Abou Madyane s’abandonna et au sujet duquel il écrivit des poèmes d’un amour indescriptible, que l’on continue à réciter jusqu’à aujourd’hui.
Chercher l’enseignement dans les cœurs lumineux
Ainsi, l’acquisition de la science passe par la recherche des cœurs qui portent la lumière qu’elle contient. Comme nous le rapporte le Coran :
« ALLAH est la lumière des cieux et de la terre » (sourate 24 - La Lumière, début du verset 35)
Mais seule la lumière peut reconnaître la lumière : cette lumière divine ne peut être « captée » que par des cœurs capables de la percevoir. Elle ne se trouve ni dans les paroles ni dans les livres, elle loge dans les cœurs.
Et si la grâce de la rencontre avec l’un de ces cœurs se présente, il est de notre devoir de faire tout notre possible pour y puiser, en nous agrippant au porteur de cette lumière. De telles occasions sont rares dans une vie.
Transmettre des paroles ou une lumière
Il existe une différence fondamentale entre un enseignement porteur d’une lumière et un enseignement qui en est dépourvu.
Sheikh AbdelAziz Al-Amghari (qu'Allah le préserve) nous rapporte que lorsqu’il était jeune et qu’il « débutait » dans l’appel à ALLAH ﷻ (da’wa), il rencontrait des difficultés à faire entendre son message, malgré les efforts qu’il mettait en œuvre pour tenter de convaincre les gens.
C’est alors qu’il décida de distribuer des cassettes VHS de son maître Sheikh Rajab Dib (qu'Allah soit satisfait de lui). Les gens furent alors touchés par la lumière émanant des images et des paroles de Sheikh Rajab.
Quand bien même ces images provenaient d’un support vidéo, elles changèrent la vie d’hommes et de femmes, intimement touchées par la lumière véhiculée par Sheikh Rajab. Qu’en est-il si les images laissent place à la rencontre physique ? Qu’en est-il si le cœur s’imbibe d’amour pour ces personnes porteuses de lumière ?
La science que nous cherchons, toute la science, est dans le cœur, et nulle part ailleurs. Il suffit que l’amour le touche pour qu’il y découvre la richesse qu’il contient et qu’il devienne, à son tour, source de science.
Alors chers frères et sœurs, cessons de chercher à l’extérieur ce que nous portons en nous, et accrochons-nous à un maître qui saura nous révéler notre trésor intérieur.


