Sheikh Ahmadou Bamba : L’unificateur

Ce samedi 24 mai 2025, près de Paris, un grand événement organisé par des frères sénégalais a eu lieu : il s’agit du Magalou Xassida Yi 2025, une rencontre annuelle en l’honneur du Sheikh sénégalais Ahmadou Bamba. À cette occasion, le Sheikh AbdulAziz al-Amghari a été convié et invité à prendre la parole pour nous parler du Sheikh Ahmadou Bamba.

Dans son discours, le Sheikh AbdulAziz al-Amghari nous parle du lien particulier qu’il a avec ce grand homme de l’Islam. Il nous raconte également son histoire et le message auquel il a dédié sa vie, qui a vocation à être porté et transmis par d’autres gens après lui.

En voici la retranscription :

« As-salam ‘alaykoum wa rahmatouLlah,

Tant de choses et tant de lumière se propagent par le regard. Et Sayyidina an-Nabi ﷺ dit dans un hadith :

« نَظْرَةٌ إلى وَجْهِ العالمِ أحَبُّ إلى الله مِنْ عِبادَةِ سِتِّين سَنَة »

« Le regard sur le visage d’un savant vaut mieux que 60 ans d’adoration. »

Donc il ne faut pas être avare à voir le visage de son frère et voir le bien dans tout frère qui est en face de nous, et toute sœur.

Le premier frère qui m’avait invité au Sénégal était un frère de Touba qui m’avait découvert sur les réseaux, qui m’a contacté et qui m’a dit : « Il faut que je vous voie. » Je lui ai dis : « Moi aussi, j’ai une grande envie d’aller visiter le Sénégal. » Puis je lui ai demandé : « Qu’est-ce que tu veux ? » Il m’a dit : « Je veux que tu sois mon Sheikh. » « Mais tu viens de Touba ! Qu’est-ce que tu viens chercher au Maroc ? Tu es de Touba, ta famille est de Touba, et tu cherches un Sheikh ailleurs ? » Donc je suis allé le visiter pour découvrir cette ville et découvrir ce grand homme qui est Sidi Sheikh Ahmadou Bamba.

Je vous remercie tous pour l’invitation et l’accueil. Mais je remercie surtout Sidi Sheikh Ahmadou Bamba. C’est lui qui m’a invité. Et en même temps, c’est une mission quasiment impossible que je puisse parler de Sidi Sheikh Ahmadou Bamba parce qu’un nain ne peut pas décrire une montagne. Mais je vais avoir cette impolitesse de parler de Sidi Sheikh Ahmadou Bamba. Je vais abuser d’une chose. La seule chose qui me permet d’avoir cette impolitesse, c’est que je sais qu’il m’aime. Donc je vais abuser de cet amour et essayer de parler de Sidi Sheikh Ahmadou Bamba.

Qui est le Sheikh Ahmadou Bamba ?

Sidi Sheikh Ahmadou Bamba, c’était un homme ordinaire dans une famille pieuse, qui a emprunté un chemin que beaucoup de Sénégalais empruntent : l’apprentissage du Coran à un jeune âge et l’apprentissage des sciences islamiques.

Et puis, à un certain moment de sa vie, il a ressenti ce besoin, comme tout savant sincère, de cheminer vers la connaissance d’Allah et du Messager Sayyidina Mohammed ﷺ, et d’avoir cette connaissance intime avec Sayyidina Mohammed ﷺ.

Donc il est allé chercher des shouyoukh pour cheminer auprès d’eux. Il n’y a pas d’autre moyen : pour cheminer vers Allah, il faut un Sheikh éducateur. On ne peut pas le faire tout seul. Et c’est ce qu’a fait Sidi Sheikh Ahmadou Bamba : chercher les shouyoukh qui l’aident dans ce cheminement. Et ce qui a touché le cœur de Sidi Sheikh Ahmadou Bamba, c’est l’amour de Sayyidina Mohammed ﷺ.

Un amour hors norme pour Sayyidina Mohammed ﷺ

Il avait en lui un potentiel et une attraction indescriptible pour Sayyidina Mohammed ﷺ, il ressentait cet amour en lui et il voulait satisfaire cette soif par le cheminement auprès des shouyoukh. Et quand je pense à Sidi Sheikh Ahmadou Bamba, je vois ce grand homme, mais je vois surtout le plus grand homme, Sayyidina Mohammed ﷺ.

Comment Sayyidina Mohammed ﷺ, qui est « mort » il y a des siècles, a pu conquérir le coeur d’un homme en Afrique des siècles après son décès ? Qu’est-ce qu’il lui a fait ? Les gens disent que l’Islam s’est propagé par l’épée. Pour Sidi Sheikh Ahmadou Bamba, c’est vrai ! Il a été conquis par l’épée… mais l’épée de l’amour de Sayyidina Mohammed ﷺ. Vous ne pouvez pas imaginer ce que Sayyidina an-Nabi a fait du cœur de Sidi Sheikh Ahmadou Bamba. Il l’a broyé. Son cœur était fondu dans l’amour de Sayyidina RassoulouLlah ﷺ.

Sidi Sheikh Ahmadou Bamba commençait à cheminer près des shouyoukh du dhikr d’Allah ﷻ et de l’amour des Awliyâ’ Allah, et quand son cœur commença à se purifier, un jour, il fit un rêve dans lequel il vit Sayyidina an-Nabi ﷺ, et à côté de lui, les hommes de la bataille de Badr. Ils étaient un peu éloignés de lui, il ne les voyait pas clairement. Vous savez qui sont les hommes de Badr ?

L’histoire des hommes de Badr

Sayyidina an-Nabi ﷺ commençait à peine à constituer une petite société à Médine, avec les Compagnons qui ont migré avec lui et les citadins de Médine. Ils constituaient un petit groupe, un tout petit bout d’Islam qui commençait à s’épanouir dans la ville. Et voilà qu’une guerre s’impose à lui ﷺ. Il était avec ces hommes, on dit qu’ils étaient 311, sous-armés, et l’ennemi allait attaquer. Et Sayyidina an-Nabi ﷺ avait peur pour l’Islam. Il avait peur pour eux. Enfin, pas pour eux personnellement, mais pour ce qu’ils portent. Et il a dit quelque chose d’extraordinaire ﷺ.

L’invocation extraordinaire du Prophète ﷺ pour les hommes de Badr

Il s’est mis devant ces hommes, ces 300 hommes porteurs de l’espoir de l’humanité, et Sayyidina an-Nabi ﷺ a fait une dou’a. Il a dit : « Ô Allah, si ce groupe est battu aujourd’hui, tu ne seras jamais adoré sur terre. » Qui sont ces hommes ? Sayyidina an-Nabi ﷺ est-il en train de faire du chantage à Allah ? « S’ils sont vaincus aujourd’hui, tu ne seras plus adoré sur terre. »

Ce n’est pas du chantage, mais c’est une réalité. Ce sont ces hommes qui vont porter l’Islam jusqu’à la fin des temps et tout croyant, tout musulman qui adore Allah, c’est par la grâce des hommes de Badr. C’est pour ça que Sidi Sheikh Ahmadou Bamba avait un amour fou pour les hommes de Badr. D’ailleurs, il y a une qasida sur les hommes de Badr.

Donc Sidi Sheikh Ahmadou Bamba a vu ces hommes, et il connaît leur place auprès de RassoulouLlah et leur place auprès d’Allah. Et un jour, Sayyidina Mohammed ﷺ a dit : « Allah ﷻ s’est manifesté aux hommes de Badr et Il leur a dit : « Faites tout ce que vous voulez, Allah vous a tout pardonné. » » Qui sont donc ces hommes ?

La demande de Sheikh Ahmadou Bamba

L’Islam était faible, sous la menace des ennemis, et ces hommes étaient à côté de RassoulouLlah ﷺ. Sidi Sheikh Ahmadou Bamba, quand il a vu ces hommes, il a eu une envie. Il a dit : « Pourquoi je ne peux pas être avec ces hommes ? » Être avec ces hommes ? Tu sais ce que tu dis, Sheikh Ahmadou Bamba ? Tu es conscient de ce que tu demandes ?

Et là, pour les shouyoukh, on dit que c’est une faute de demander dans le cheminement. Quand on chemine, on adore Allah, on fait le dhikr d’Allah et on ne demande rien à Allah. On est Ses esclaves. Il nous a ordonné des choses, on les exécute. On ne demande pas de contrepartie à Allah. On est tous redevable envers Allah. Donc si tu L’adores, si tu chemines, si tu fais le dhikr, ce n’est pas pour avoir une contrepartie, mais c’est pour te soumettre à Lui. Tu es Son esclave et l’esclave ne demande jamais de contrepartie à Son Maître.

Donc Sidi Sheikh Ahmadou Bamba, il a commis cette « faute ». Mais quand ça vient d’un homme comme lui, ce n’est pas une faute parce que, quand on demande, surtout dans ces stations-là, il faut être prêt à payer le prix, et il était prêt à le payer.

Et là, quand on parle de payer, il ne s’agit pas d’argent. Il s’agit de donner sa vie. Il n’y a pas plus précieux pour un homme que sa vie, et il n’y a pas moins cher que la vie à offrir à Allah pour être auprès de Lui. Donc, Sidi Sheikh Ahmadou Bamba a dit :

– Je suis prêt à payer le prix.

– Alors, prépare-toi à l’épreuve.

– Je suis prêt.

Et quelle épreuve ! Quelle épreuve ! Quand on demande cher, on doit payer cher. Sidi Sheikh Ahmadou Bamba a fait cette demande, mais c’est un Homme. Il est capable de payer le prix, quel qu’il soit. La mort, la souffrance, la déportation, la séparation. Tout. « Je veux être un homme parmi les hommes de Badr. » Et pour moi (c’est personnel, ça ne regarde que moi), wAllahi il fait partie des hommes de Badr.

L’épreuve de Sheikh Ahmadou Bamba

Donc Sidi Sheikh Ahmadou Bamba s’est préparé à payer le prix et la persécution commence. Le colonisateur était là, l’ennemi était là pour exécuter le plan d’Allah. Ce n’est pas le colonisateur qui a fait ça. Qui l’a mis à l’épreuve ? Allah. Et Sidi Sheikh Ahmadou Bamba était conscient de ça parce qu’il ne voyait pas que l’ennemi, mais il voyait la Main d’Allah qui était derrière cette épreuve parce qu’il devait payer pour être parmi les hommes de Badr.

Et Sidi Sheikh Ahmadou Bamba est un homme sage, comme tous les wali d’Allah. Ne croyez pas que Sidi Sheikh Ahmadou Bamba est un wali exceptionnel. Tous les walis sont exceptionnels. Chacun a une touche, une odeur. Comme dit Sidi Sheikh Moulay ‘Abd al-‘Aziz Ad-Dabbagh : « Les walis d’Allah sont comme les fleurs dans un jardin. Quand tu rentres, il y a une multitude de couleurs, une multitude d’odeurs, et chaque fleur est plus belle que l’autre. On ne peut pas faire de préférence. » Et Sidi Sheikh Ahmadou Bamba est une fleur parmi ces fleurs, avec un goût à lui. Et il y avait toujours cette touche africaine qui était là. qu’on sent et qu’on entend bien dans ses qaçaïd. Qu’Allah soit satisfait de lui.

Donc le plan d’Allah commençait, et la persécution commençait, et l’épreuve commençait. Alors il y a des rapprochés de Sheikh, plusieurs sheikhs [qui ont dit] : « Tu sais ce que tu vas endurer maintenant ? Ils veulent te déporter en Afrique, dans la forêt, dans le seul but de te tuer. » Parce que la déportation n’était pas le but. L’objectif était de le tuer, mais ils ne voulaient pas l’exécuter sur la place publique. Ils ont dit : « On va le mettre dans un endroit hors de tout moyen de survie. Il va mourir, on s’en débarrassera et on dira qu’il est mort de mort naturelle. »

Et il y a quelqu’un qui a insisté avec Sidi Sheikh Ahmadou Bamba. Il lui a dit : « Sheikh, je connais quelqu’un qui peut intercéder pour toi, qui connaît le colonisateur. Écris-lui une lettre. » Et Sidi Sheikh Ahmadou Bamba lui a dit : « Je ne l’écrirai pas, je ne demanderai rien. » Parce que lui, il voit Allah. Mais sous l’insistance de ce frère, un jour, Sidi Sheikh Ahmadou Bamba a pris le stylo et il voulait écrire. Dès qu’il a touché le stylo, il a entendu une voix : « Ô Ahmadou, tu veux te plaindre d’Allah auprès de Sa création ? » Alors il a jeté le crayon. Il a continué à endurer sa souffrance parce qu’il demandait cher.

Alors, Sidi Sheikh Ahmadou Bamba, dans cette souffrance et dans cette épreuve, il cheminait vers Allah et il payait le prix pour avoir sa demande : être un homme de Badr, être un Compagnon de Sayyidina RassoulouLlah ﷺ. À la fin de ces jours, Sidi Sheikh Ahmadou Bamba passait des jours et des nuits en compagnie de Sayyidina RassoulouLlah ﷺ, et qu’est-ce qu’il voulait ? Il voulait être une porte d’Allah comme les hommes de Badr l’ont été. L’Islam ne nous serait jamais parvenu sans les hommes de Badr, et l’Islam ne vous serait jamais parvenu sans Sidi Sheikh Ahmadou Bamba. Donc c’est un véritable homme de Badr. Et qu’est-ce qu’il a proposé ? Il a dit : « je suis Khadîm RassouliLlah » (le serviteur du Messager d’Allah).

Être au service (khidma) du Messager d’Allah, qu’est-ce que ça veut dire ?

Servir RassoulouLlah, servir les frères, servir les shouyoukh, s’entraider, c’est bien. Mais la khidma de Sidi Sheikh Ahmadou Bamba c’est autre chose. Quand il voulait devenir le serviteur du Messager d’Allah, ce n’était pas pour lui faire le ménage, ou pour l’aider dans ses tâches quotidiennes. Il voulait être l’héritier de Sidi RassoulouLlah. Ça veut dire qu’il voulait accomplir ce que voulait accomplir RassoulouLlah, il voulait exister par lui et pour lui, que sa vie soit dédiée à lui et qu’il accomplisse quelque chose de similaire à lui. C’est ça, le service.

Il y a une différence entre aimer RassoulouLlah en attendant quelque chose de lui, et servir RassoulouLlah dans ses objectifs et dans sa tâche. Parce que Sayyidina an-Nabi ﷺ est vivant parmi nous, et tout ce qu’il nous demande, c’est être ses khadims dans le sens de servir la cause pour laquelle Allah l’a envoyé. Sayyidina RassoulouLlah ﷺ est parti, Sidna al-Khadim [Ahmadou Bamba] est parti, Sidna ‘Abd al-Qâdir al-Jilani est parti, Sidna Abou al-Hassan Ash-Shâdhili est parti… Et vous, qu’est-ce que vous faites ? C’est à votre tour. Qui veut être un khadim de RassoulouLlah ? Donc Sidi Sheikh Ahmadou Bamba ne s’est pas mis au service de RassoulouLlah pour lui.

J’ai visité Sayyidina ar-Rassoul ﷺ. À chaque fois quand je rentrais chez lui, j’avais des demandes pour ma petite personne, des soucis, comme tout le monde. Et la dernière fois que je voulais aller voir, j’avais honte de lui exposer mes soucis. Je me suis dit : « Fais de tes soucis son souci. » Alors, j’ai tout jeté à la porte, je suis rentré chez lui et je lui ai dit : « Qu’est-ce que tu veux, RassoulouLlah ? » Je ne lui ai pas dit : « Je veux », je lui ai dit : « Qu’est-ce que tu veux de moi ? Qu’est-ce que tu attends de moi ? Demande-le et aide-moi. Je veux être ton khadim, je veux te servir, mais aide-moi. J’en suis incapable sans ton aide. » C’est ça le khadim de Sidi Sheikh Ahmadou Bamba : servir RassoulouLlah pour servir la cause de RassoulouLlah ﷺ, pour être un remplaçant et un héritier mohammadien. Donc il donnait sa vie et tout ce qu’il avait pour servir la cause de Sayyidina Mohammed ﷺ. C’est ça, un khadim.

Qu’est-ce qu’un mouride (disciple) ?

Être mouride, ça veut dire qu’on a un but, qu’on veut quelque chose et qu’on est prêt à payer le prix pour cette chose. Il ne faut pas limiter l’infini, essayer de cerner l’indescriptible. Le chemin d’Allah est large. Et quand Sidi Sheikh Ahmadou Bamba a appelé ses disciples des mourides, il voulait les sortir des affiliations sectaires. Il voulait les libérer. Il n’a pas dit : « Je suis qâdiri, shâdhili, tijâni ». Être un mouride, ça veut dire être comme tout musulman qui veut Allah et qui est prêt à payer le prix pour Allah.

Et si je vous posais la question : « Vous dites que vous êtes mourides, qu’est-ce que vous voulez ? » Ne me répondez pas. S’il y a 1000 personnes ici, il y a 1000 réponses. Et c’est rare que ce soit Allah sincèrement. S’il y a une personne parmi vous qui veut Allah, c’est par sa grâce qu’on est là.

C’est le chemin d’Allah, ce n’est pas le chemin du mensonge. C’est le chemin de la sincérité qui est emprunté par des Hommes : « مِّنَ الْمُؤْمِنِينَ رِجَالٌ صَدَقُوا مَا عَاهَدُوا اللَّهَ عَلَيْهِ ». « Parmi les croyants, il y a des Hommes sincères qui ont respecté leur allégeance à Allah, quel qu’en soit le prix. Ils n’ont rien changé. Ils sont restés droits dans leurs bottes toute leur vie, jusqu’à la fin de leurs jours pour aboutir à leur demande qui est Allah. »

Qu’est-ce que la vraie volonté ?

La vraie volonté, c’est de ne rien vouloir. Quand on est devant un Sheikh et qu’on vient chez lui, on veut quelque chose, mais on ne doit jamais dire : « Je suis mouride ». On ne doit jamais dire : « Je veux quelque chose », parce que sinon, on va payer le prix. Vous êtes prêt à payer le prix ? Ne répondez pas, vous ne l’êtes pas. Qu’Allah nous épargne l’épreuve. Ce n’est pas facile.

C’est bien beau de se rassembler et lire des qaçaïd, mais Sidi Sheikh Ahmadou Bamba veut plus que ça. Il veut d’autres d’autres sheikhs comme lui, de grands bonhommes porteurs de son message.

Quand tu viens chez Sheikh – parce qu’il faut bien un Sheikh pour cheminer, et Sidi Sheikh Ahmadou Bamba dit qu’il faut un sheikh vivant ! –, ne dis pas que tu es mouride ou que tu veux quelque chose. Et si Sheikh te dit : « Qu’est-ce que tu veux ? », dis-lui : « Je veux ce que tu veux pour moi. Moi, je n’ai pas de volonté. » Donc dire que je suis mouride, c’est déjà très prétentieux. Vous êtes des prétentieux et moi avec vous.

Sayyidina an-Nabi ﷺ, c’est notre père à tous. Il nous voit tous, nous connaît tous et dès qu’on prie sur lui, notre salât arrive à son oreille. Il ﷺ dit dans un hadith : « Allah ﷻ a crée des Anges qui me transmettent vos salutations. L’Ange vient chez moi et me dit : « Ô Mohammed, il y a Untel qui te transmet ses salutations et qui prie sur toi. Sauf jeudi soir et le vendredi, votre salât arrive à mon oreille sans intermédiaire. » Donc il nous connaît. Quand je prie sur lui, il l’entend. On ne parle pas d’un mort. C’est nous les morts, et c’est lui le vivant.

Tel était le cheminement de Sidi Sheikh Ahmadou Bamba. Donc, quand tu vas chez le Sheikh, et qu’Allah ﷻ te gratifie par la connaissance de Sheikh, n’aies aucune volonté devant lui. « Qu’est-ce que tu veux, mon fils ? » « Je veux ce que tu choisis pour moi, je n’ai pas de volonté. »

Le Sheikh Ahmadou Bamba, un homme rassembleur et universel

Sidi Sheikh Ahmadou Bamba ne voulait pas de cette réponse : « On est des mourides ». Il voulait des musulmans et il voulait unifier tout le monde. Il était au-dessus de toute tariqa et de toute appellation. Et il disait que tout musulman, tout croyant, tout dhâkir (pratiquant du dhikr) d’Allah est ton frère et que tu dois le servir. Il était au-dessus de tout ça, et nous, on veut rabaisser Sidi Sheikh Ahmadou Bamba en disant : « Nous voulons être des mourides. » Non, on veut être des musulmans. On est dans une période où on a besoin d’unité, et ce qui nous unit, c’est Allah, l’Islam, et RassoulouLlah. À part ça, rien ne nous unit. Il n’y a que ça.

Soyez universels comme Sidi Sheikh Ahmadou Bamba qui disait à tout le monde : « Si tu trouves le bien dans un wird tijâni ou qâdiri, fais-le, et je suis ton père pour t’assister et t’aider dans ce chemin. » Il est libre, il est universel et nous on veut l’enfermer dans une petite coquille.

Allah nous a nommés musulmans, Sayyidina Ibrahim (paix sur lui) nous a nommés musulmans. On est musulman. On a besoin d’unité. On doit être rassembleurs.

Qu’Allah ﷻ vous assiste et vous fasse bénéficier de ces lumières. Amîn, amîn, amîn. »

   Chers frères et sœurs, des assises de dhikr 📿 sont organisées chaque semaine en France et à l’étranger. Remplissez ce formulaire pour y participer, nous nous ferons une joie de vous y retrouver inchaAllah : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSc6tZY674Lry6QjoR18ijZzkmA3k5iNiQtu6O_cs1aq-cHArQ/viewf

Article tiré de la vidéo suivante :

(Début du discours de Sheikh AbdulAziz al-Amghari : 14:54 — Fin du discours : 50:58)

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